Ce qu’il faut savoir

Les origines

Wim Hof, plus connu sous le nom de “The Iceman” est un homme exceptionnel.

Ce Hollandais de 59 ans cumule pas moins de 20 records du monde, notamment liés à son impressionnante capacité à résister au froid :

  • En 2002, il reste 6 min 20 s en apnée sous la glace polaire.
  • En 2004, aux Pays-Bas, il reste 1 h 08 min dans un tube rempli de glace.
  • En janvier 2007, il participe à un semi-marathon (21 km) sur le cercle polaire, en Finlande, pieds nus et en short.
  • Il aurait grimpé le mont Blanc en short afin de se préparer à l’ascension de l’Everest1.
  • En mai 2007, il tente l’ascension de l’Everest en tong et short et stoppe à 7 400 m du fait de ses orteils gelés.
  • Le 26 janvier 2008, à New York, il reste 72 minutes dans un conteneur translucide rempli de glace, battant ainsi son record de 2004 de 4 minutes.

Wim Hof doit ses étonnantes capacités physiques à un entrainement et un mode de vie spécifiques élaboré sur ses propres expérimentations et sur la base de plusieurs influences.

  • Ses expériences mystiques en Inde au travers du Yoga, et notamment sa découverte des bains dans le Gange puis plus tard dans les canaux d’Amsterdam.
  • La découverte du Toumo ou Tummo, une pratique de méditation tantrique tiébtaine, assez extrême, reposant sur une technique de respiration bien spécifique, des mantras et la visualisation de syllabes et qui a pour effet de repousser les limites de la sensibilité au froid et de réchauffer l’organisme.
  • L‘influence de Maurice Daubard, pionier du Toumo en Europe et qui, à l’instar de Wim Hof, possède d’incroyable facultés physiques lui ayant permis de guérir d’un grand nombre de pathologies sérieuses dont la Tuberculose

Wim Hof est un homme marqué par la vie. Le suicide de son épouse, dépressive chronique, l’a poussé dans une introspection inépuisable dominée par la recherche du dépassement de soi et de la performance physique. C’est au travers du froid qu’il trouvera un écho à sa démarche.

Il utilise alors, de façon totalement empirique, la connaissance de son corps pour développer une méthode de développement personnel et physique qui est aujourd’hui devenue une référence mondiale dans le milieu de la performance et du bien-être. La Science s’est donc très vite intéressée à son cas et à validé la puissance et l’impact d’un grand nombre de ses pratiques sur la santé et la longévité.

Alors, au delà de l’effet de mode, on peut toutefois se demander sur quoi repose cette méthode scientifiquement en allant au delà de ce que Wim Hof décrit sur son site.

La Méthode résumée

La Méthode repose sur 3 grand piliers destinés à modifier les caractéristiques biologiques et physiologiques de ceux qui la suivent. Dans les faits, nous verrons que c’est la respiration en premier lieu qui constitue le socle de la démarche.

L’exposition au froid

Le froid constitue l’un des piliers de la méthode car permet de déclencher une cascade de modifications métaboliques, dont notamment la mobilisation de la graisse brune, facteur clé dans la perte de poids, mais également la baisse de l’inflammation et l’amélioration marquée du fonctionnement immunitaire et hormonal entrainant alors d’autres bénéfices santé tels que l’amélioration du sommeil et la production d’endorphines améliorant durablement l’humeur.

La respiration consciente

Le second pilier de la méthode est la respiration. En tant qu’élément central de toute vie sur terre, elle possède inévitablement un potentiel indiscutable et ses mécanismes de fonctionnements sont alors essentiels. Au élevant les niveaux d’oxygène dans le sang via la méthode Wim Hof, on améliorerait certains marqueurs de santé tels les niveaux d’énergie, de stress et de réponse immunitaire.

L’engagement personnel

Le troisième et dernier pilier de la méthode est la fondation des 2 autres. C’est en maîtrisant le froid et l’art de la respiration consciente qu’on ouvre des perspectives de performance, de guérison et de maîtrise du corps jusque là inconnus de la plupart d’entre nous.

Prenons ces piliers un par un pour évaluer la base scientifique, les bénéfices mais également les risques avérés, à court et à moyen termes.

L’exposition au froid

Décryptage, sur cette  première partie, des bases scientifiques de l’exposition au froid.

L’exposition au froid aiderait à perdre du poids

La graisse brune ou tissu adipeux brun correspond à un tissu spécifique présent chez tout les mammifères, particulièrement important chez ceux qui hibernent, chez les mammifères marins, ceux des régions froides et … chez les nouveaux-nés.

Les autres tissus sont la graisse blanche, la moelle hématopoïétique et le tissu adipeux beige).

La principale fonction de la graisse brune est la thermogénèse via la lipolyse des adipocytes. Elle vient notamment suppléer à une autre fonction importante : Le frisson qui est un réflexe destiné à réchauffer le corps. Ainsi, comme les bébés ne savant pas frissonner, ils disposent de davantage de graisse brune.

La graisse brune dispose de plusieurs composants qui vont nous permettre de comprendre pourquoi le froid agit sur elle. d’abords, elle contient beaucoup plus d’adipocytes que les autres tissus. Ensuite, elle dispose de davantage de mitochondries. Enfin, les propose de très nombreux capillaires car à un besoin plus important d’oxygène pour être mobilisée.

Sans rentrer dans les détails, lors d’une rencontre avec le froid, la graisse brune produit de l’énergie par la dissipation de protons et, en lieu et place de la production d’ATP, vient produire de la chaleur grâce à un mécanisme d’oxydation mitochondriale des acides gras, bien présents donc dans la graisses brunes. La riche vascularisation de la graisse brune permet alors d’une part la diffusion de la chaleur dans le corps (via le sang) et la mobilisation des triglycérides d’autres part. En gros, la graisse brune vous permet de vous réchauffer par l’utilisation de calories par l’utilisation de lipides (triglycérides) sanguins. L’absence de graisse brune ou sa raréfaction due à différents facteurs liés au mode de vie et à la nutrition, entraine de facto une augmentation de la graisse blanche ou plus exactement un “blanchiment” de la graisse brune avec une baisse de l’activité mitochondriale 2.

La graisse brune est donc une graisse “active” qui permet de produire de l’énergie et de la chaleur en brûlant nos réserves de graisses.

L’exposition répétée au froid permet donc une mobilisation plus fréquente et plus marquée de la graisse brune et une augmentation de la dépense calorique. Son utilisation contrôlée permet par conséquent de contribuer à la perte de poids et à l’activation de mécanismes biochimiques résilients via la thermogenèse 3.

Alors, vous allez me dire : “Oui mais la dépense d’énergie par l’organisme est historiquement liée à une diminution de la longévité par une baisse de l’immunité”. Et ben non, l’exposition au froid, et donc l’augmentation de la consommation d’énergie est plutôt associée une amélioration de la longévité. C’est ce que suggère une étude confrontant un groupe de rat exposés au froid et un groupe non exposé au froid 4.

Par ailleurs, il a été démontré que le froid augmente les niveaux d’adiponectine, une protéine qui augmente la combustion de la graisse corporelle. Des niveaux bas d’adiponectine ont souvent été associés à un risque d’obésité 567.

Enfin, il semble que l’exposition au froid augmente l’activité métabolique globale 8

Conclusion :

oui, l’exposition au froid aiderait à perdre du poids plus rapidement, en dehors du sport et au repos par la mobilisation de la graisse brune. Vous voulez davantage de graisse brune ? Les aliments contenant des Capsinoïdes (comme le piment) maximisent les niveaux de graisse brune (mais attention à ne pas en abuser). Par ailleurs, notez que le melon amer fonctionne en synergie avec le froid pour créer et mobiliser davantage de graisse brune.

L’exposition au froid aiderait à combattre l’inflammation

Comme nous l’avons vu, l’exposition au froid fait grimper les niveaux d’adiponectine, protéine impliquée non seulement dans l’utilisation des graisses mais également dans la prévention de l’inflammation 9.

Une autre étude à par ailleurs démontré que pratiquer un exercice physique bas à modéré (marche, échauffements…) dans un environnement froid, sans se réchauffer trop rapidement juste derrière, permettait de réduire la réponse inflammatoire normalement activée dans un environnement ambiant tempéré

10

. Cela signifie concrètement que faire du sport au milieu du froid sans foncer dans le sauna juste derrière ou vous réchauffer près du feu permettrait de freiner la réponse inflammatoire, en particulier sur la réponse leucocytaire et cytokinaire. Fait étonnant, Wim Hof a pu combattre une infection volontaire au pathogène Escherichia coli sans traitement grâce à sa méthode d’entrainement en plein froid. Cela confirme les résultats de cette étude.

Le froid inhiberait en particulier l’activité de certaines cytokines pro-inflammatoires ( TNF-α, IL-6, and IL-8), impliquées dans la réponse immunitaire.

Enfin, l’étude en question montre toutefois qu’une exposition trop longue au froid (supérieur à 60 minutes) lors de l’exercice physique peut entrainer un effet inverse et donc une réponse pro-inflammatoire.

Conclusion :

L’exposition au froid permettrait de combattre efficacement l’inflammation.

L’exposition au froid améliorerait la longévité

L’exposition au froid semble avoir en effet un impact sur la longévité et la résistance aux maladies. On peut notamment souligner plusieurs études d’envergure ayant montrer une corrélation entre le froid et la longévité chez les insectes. Les mouches vivraient ainsi 2 fois plus longtemps à 21°C plutôt qu’à 27°C  11, les vers augmenterait de 75% leur durée de vie en abissant la température ambiante de 5°C

12

et de nombreux insectes semblent devenir plus résistants lorsque exposés au froid sur de longue périodes

13 14 15

.

CHez les poissons, le phénomène est similaire. Une étude à démontré que les poissons augmente leur espérance de vie de 75% suite à une baisse de la température de l’eau de 6°C 16.

Autre expérience intéressante, en 1986, un chercheur à placé des rats dans une eau fraiche 4 heures / jour, 5 jours par semaine pendant plusieurs mois. Les rats exposés au froid ont massivement augmenté leur consommation alimentaire de 44% pendant la période mais ont accusé un poids nettement moins élevé que le groupe contrôle [efn_notehttps://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/3781978[/efn_note]. Le résultat va à l’encontre du concept que la longévité décroit avec une trop forte consommation calorique. En effet, dans un contexte de dépense énergétique (le froid), l’augmentation de la consommation calorique semble augmenter l’espérance de vie et la résilience.

On peut trouver une explication à ce résultat. L’augmentation de la longévité serait due au mécanisme de l’hormèse. L’hormèse se réfère à une adaptation biologique et métabolique face à un stress environnemental permettant à l’organisme des animaux et des hommes d’être plus fort et résistant 17

Une autre explication pourrait être que le froid ralentit certains processus métaboliques 18. Ce concept induirait une moindre production de déchets métaboliques (ROS), tels que les radicaux libres et autres peroxydations (les dérivés réactifs de l’oxygène).

Enfin, l’augmentation de l’espérance de vie via l’exposition au froid pourrait aussi être due à une modulation de certains gènes, tels TRPA-1 et DAF-16.

Conclusion

Le froid semble avoir un impact indéniable sur la longévité même si les mécanismes à l’origine de cet impact sont encore mal identifiés.

L’exposition au froid renforcerait notre système nerveux

Nous l’avons vu, la combustion des graisses pendant l’exposition au froid est modulée par le système nerveux sympathique 1920, un des 3 systèmes de notre système nerveux autonome (SNA).

En somme, en exposant de façon aléatoire notre corps au froid, on induit une réaction d’adaptation et de renforcement du système nerveux au stress provoqué par la chute de la température.

C’est en tout cas ce que soutient Wim Hof qui explique qu’en exposant régulièrement notre organisme au froid tout en utilisant des techniques de respiration spécifique, il nous est possible de contrôler la réaction de notre SNA qui, comme son nom l’indique agit généralement sans action consciente de notre part. Ainsi, il semble interessant de voir qu’en mettant notre SNA à l’épreuve, il soit possible d’agir consciemment sur certains récepteurs, notamment ceux de la douleur…

Conclusion

Oui, l’exposition au froid semble renforcer notre système nerveux

L’exposition au froid permettrait une guérison et une récupération plus rapides

Les effets physiologiques de la thérapie par le froid sont indiscutables. Elle est déjà très utilisée par les sportifs de haut niveau dans leur phase de récupération, comma par exemple les bootcamps d’XPT Training.

Le froid réduit le flux sanguin, les gonflements et les hématomes, l’inflammation et les spasmes musculaires 21. Il y a de plus en plus de preuves scientifiques que l’application de glace associée à l’exercice physique contrôlé est efficace sur la vitesse de guérison après une entorse ou une opération chirurgicale 22.

Par ailleurs, le froid semble avoir un effet positif sur certaines enzymes musculaires liées à la détérioration des fibres musculaires (comme la créatine kinase ou la Lactate déshydrogénase)[efn_notehttps://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3956737/[/efn_note].

Enfin, notons qu’une meta-analyse regroupant 360 personnes plongées dans un bain à 10°/15° après un entrainement de résistance, de vélo ou de course à pied pendant 24 minutes à montré une diminution des crampes et autres douleurs musculaires 23.

Conclusion

Le froid est efficace dans la prévention des douleurs post-entrainement et dans la récupération et la guérison des blessures musculaires et ligamentaires.

L’exposition au froid régulerait les niveaux de sucre sanguin

L’exposition au froid augmenterai les niveaux d’adiponectine. Une étude a montré que les niveaux d’adiponectine augmentaient de 70% après une exposition au froid. C’est une donnée importante car, comme nous le savons à présent, l’adiponectine est une protéine impliquée dans la régulation de la glycémie. Des niveaux faibles d’adiponectine sont généralement associés à l’insulino-résistance 2425.

Dans certaines études réalisés sur le rat, l’exposition au froid semble augmenter l’absorption de glucose dans les tissus périphériques – (en renforçant l’oxydation du glucose par des voies indépendantes de l’insuline) 2627.

Ce processus est très intéressant car il indique que l‘exposition au froid serait alors particulièrement bénéfique pendant un jeûne, et probablement pendant l’exercice, car améliorant la capture et la métabolisation du glucose dans les tissus périphériques (généralement moins sensibles à l’insuline pendant la phase de jeûne) en stimulant l’oxydation du glucose par des voies insulino-indépendantes.

L’exposition au froid permettrait ainsi d’améliorer la réponse du corps à l’insuline, en permettant au glucose d’être utilisé plus rapidement. La douche froide ou le bain froid est probablement l’un des meilleurs moyen de faire baisser la glycémie et d’augmenter la sensibilité à l’insuline. Une logique à prendre en consiédarion pour les diabétiques de Type 2 cherchant à optimiser leur sensibiliser à l’insuline.

Conclusion

Le froid est un allié précieux dans la régulation du sucre sanguin et la sensibilité à l’insuline, y compris pour les tissus périphériques.

L’exposition au froid améliorerait le sommeil

Vos cycles de sommeil dépendent énormément des fluctuations des température.28

Une étude hollandaise 29 a révélé qu’en abaissant sensiblement la température corporelle des participants à l’étude, ceux-ci doublaient leur phase de sommeil profond et ralentissaient par conséquent la fréquence des cycles de sommeil et le nombre de réveils nocturnes. Le sommeil était donc plus récupérateur quand le corps se repose dans une pièce fraiche.

Ma recommandation ? Vous devez dormir dans une chambre dont la température est comprise entre 15 et 19 degrés.

Conclusion

La froid améliore la qualité du sommeil, et donc la récupération.

L’exposition au froid renforcerait le système immunitaire

De nombreuses études appuient le fait que le froid augmente la proportion et l’activité de certaines cellules tueuses. En l’occurrence, on sait que l’exposition au froid augmente les niveaux de globules blancs et d’interleukine 6 circulants.

Une étude d’envergure à d’ailleurs étudié l’effet d’une immersion dans une eau à 14° C, 1 heure par jour pendant 6 semaines. Les participants à l’étude ont tous augmenté leurs niveaux d’interleukine 6, de CD3, de CD4, de CD8 et de lymphocytes B et T suggérant ainsi une plus grande activité du système immunitaire [efn_notehttps://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/8925815[/efn_note]. Un stress occasionnel produit par l’exposition au froid entrainerait donc une plus grande résilience du système immunitaire, toujours sur le principe de l’hormèse.

Il serait d’ailleurs remarquable que le simple fait de se plonger (progressivement) dans un bain froid après votre séance de sport augmenterai massivement les effets protecteurs du froid. On peut penser que cette augmentation de l’activité immunitaire serait liée à l’augmentation des niveaux d’adrénaline circulant produite en réaction au stress de l’exposition au froid. Sachant que la technique de respiration de Wim Hof (que nous verrons en deuxième partie) augmente elle aussi les niveaux d’adrénaline, on comprend pourquoi et comment son système immunitaire semble ultra réactif au moindre pathogène.

Conclusion

Le froid renforce certainement le système immunitaire.

L’exposition au froid permettrait une meilleure detoxication de l’organisme

Plusieurs études démontrent que les personnes nageant souvent dans une eau très froide auraient des niveaux de Glutathion plus élevés. Une exposition régulièrement au froid contribuerait par conséquent à une meilleure détoxication de l’organisme [efn-note]https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/8063192?ordinalpos=1&itool=EntrezSystem2.PEntrez.Pubmed.Pubmed_ResultsPanel.Pubmed_DiscoveryPanel.Pubmed_Discovery_RA&linkpos=1&log$=relatedarticles&logdbfrom=pubmed[/efn-note]. Celui-ci apprendrait à lutter de façon plus efficace contre la formation de radicaux libres. La criothérapie aurait comme principal effet d’augmenter le statut anti-oxydant[efn-note]https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3956737/[/efn-note].

Conclusion

L’exposition régulière au froid contribuerait efficacement à une bonne détoxication de l’organisme (métaux lourds, toxines, déchets organiques…)

L’exposition au froid augmenterai la densité osseuse et préviendrait l’ostéoporose

C’est un point important. Comme évoqué plus haut, le froid joue un rôle capital dans la formation et  l’utilisation de la graisse brune. Or, celle-ci tend à diminuer avec l’âge en parralèle d’une diminution des capacité de thermorégulation. C’est pour cela qu’en vieillissant, on a souvent plus froid.

Mais les études actuelles ont démontrées que la modification (et donc la perte) de masse osseuse serait liée à la perte d’adipocytes issus de la graisse brune [efn-note]https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21447277[/efn-note]. Il est légitime de se dire que le froid entrainant une vaso-constriction et donc une diminution temporaire de l’irrigation des capillaires osseux et peri-cartilagineux pourrait entrainer une diminution de la masse osseuse. Les résultats actuels montrent que ce processus n’est pas lié et que ce serait avant tout l’utilisation de la graisse brune et l’activité du système nerveux sympathique qui joueraient un rôle clé, à l’origine d’une action protectrice des cellules osseuses [efn-note]https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21447277[/efn-note].

Ainsi, l’exposition au froid, en plus de jouer un rôle majeur dans la lutte contre l’inflammation et la récupération [efn-note]https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4802003//efn-note], aurait également une fonction dans la régulation de certaines fonctions propre à la reconstruction et à la protection du capital osseux (ostéoporose). Cela ouvre évidemment de nouvelles voies de réflexion sur les problématiques liées à certaines maladies auto-immunes s’en prenant directement aux articulations via l’inflammation.

Conclusion

L’exposition au froid est un véritable vecteur d’amélioration de la santé osseuse.

Ce que j’en pense

Le froid est assurément votre allié santé. Notre époque nous à coupé, en tout cas pour une partie d’entre nous, généralement citadins, bien couverts et passant le plus clair de notre temps dans des bureaux chauffés, de notre formidable capacité de thermogenèse. Notre corps n’est plus forcé de générer sa propre chaleur.

Remettons nous dans un contexte où la seule source de chauffage était le feu, le poêle et les couvertures, où les nuits étaient tellement froides que se lever pour aller au toilettes nous semblait impossible, où on effectuait la majorité de nos travaux en extérieur, seulement réchauffés par le soleil…

Les romains pratiquaient l’immersion dans des bains glacés (le frigidarium) et les vikings cassaient la glace pour nager dans les lacs gelés afin récupérer plus rapidement après les combats.

Notre corps à mis en place ce mécanisme, probablement issus d’une modification génétique liée à nos migrations géographiques, pour nous offrir davantage de résilience mais notre mode de vie moderne et confortable à mis en veille une partie de cette faculté.

S’exposer au froid nous permet de réactiver la thermogenèse ainsi qu’une cascade de processus métaboliques inhérents à cette pratique.

Nous brûlons de la graisse brune et produisons des protéines spécifiques qui brulent le glycogène de nos muscles. Quand nos muscles ont utilisés l’intégralité du glycogène disponible, notre corps reçoit le signal d’augmenter la production de testostérone et d’hormone de croissance avec de nombreux effets positifs : Réduction de l’inflammation, meilleure sensibilité à l’insuline, stimulation de l’autophagie.

L’exposition au froid améliore le fonctionnement thyroïdien et l’activité mitochondriale.

Le froid stimule la diffusion de la norépinéphrine qui nous permet de diminuer la sensibilité à la douleur. Il signale à notre organisme de produire davantage d’anti-oxydants, tel le glutathion. L’exposition au froid améliore la régulation de l’activité du nerf vague, qui relie nos cellules nerveuses à l’ensemble de notre corps (notre estomac, notre œsophage, nos poumons, notre foie, nos reins…) mais également à notre système émotionnel et intellectuel.

Le froid nous rend plus fort, plus mince, plus résistant aux maladies, moins sensibles aux variations de température et à la douleur…Il n’y a pas de contre-indication au froid, en tout cas pour la majeure partie de la population. La thérapie par le froid est très prometteuse et on ne fait que découvrir son incroyable potentiel autant pour l’immunité, que pour les articulations douloureuses (les climats froids, contrairement à une croyance populaire, n’ont jamais favorisés ou amplifié les rhumatismes. Chez les humains, les bienfaits d’un climats chaud sur les articulations rouillées appartiennent davantage du placebo que de la réalité scientifique et biologique. Le contraste chaud-froid en revanche améliorer considérablement la santé articulaire et cartilagineuse par une augmentation de la vascularisation périphérique couplée à une baisse de l’inflammation) ou les pathologies cardio-vasculaires.

Il est un facteur clé de l’hormèse et donc l’une des principales voie d’accès à notre réponse “fight-or-flight”

A titre personnel, je pratique l’exposition au froid sous diverses formes : La douche froide quotidienne, le “pompage” chaud-froid, les séances d’exercice en plein hiver simplement vêtu d’un maillot de bain et enfin, l’immersion en eau glacée 2 à 3 fois par mois…

Je pense que la Méthode Wim Hof permet de redécouvrir l’exposition au froid en mêlant les différentes pratiques exposées précédemment. La méthode s’appuie sur une  solide base scientifique et s’adresse réellement à tous.

Il convient en revanche de prendre les précautions d’usages, d’y aller très progressivement et si possible de façon encadrée, en particulier dans le contexte d’une pathologie pré-existante. Dans tout les cas, je recommande l’exposition au froid car elle n’est que bénéfique et réellement efficace. Il faut la considérer comme un outil supplémentaire au service de votre santé et de votre longévité.

Intégrez-la dans votre routine quotidienne, sous la forme d’une douche froide de 15, 20, 30 ou 60 secondes après votre douche chaude.

Nous allons voir dans une seconde partie comment l’exposition au froid s’associe parfaitement avec les respirations pratiquées dans le cadre de la Méthode Wim Hof et pourquoi cette pratique repose également sur une fondation scientifique intéressante mais dont les contours restent plus flous que ceux de l’exposition au froid.

Références

  1. https://www.explorersweb.com/everest_k2/news.php?id=15688
  2. https://www.joslin.org/news/joslin_study_identifies_good_energy_burning_fat_in_lean_adults.html
  3. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3726172/
  4. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/3781978
  5. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16936205
  6. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19303978
  7. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12436346
  8. https://www.jci.org/articles/view/60433
  9. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19261992
  10. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19261992
  11. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/823384/
  12. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/823384/
  13. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/823384/
  14. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/823384/
  15. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21735896/
  16. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1123529/
  17. https://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10522-006-9018-x?LI=true
  18. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4486781/
  19. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12079880
  20. https://www.pnas.org/content/109/25/10001.abstract
  21. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25526231
  22. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/14754753
  23. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19357407
  24. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19303978
  25. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12436346
  26. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2665523
  27. onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1113/jphysiol.2003.050369/full
  28. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26480842.
  29. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18192289