L’homme et les bactéries

La nature est bien faite. Quel que soit l’environnement et l’atmosphère que notre Terre Mère aie pu connaître au cours de son histoire, la vie à toujours su s’adapter. Les bactéries en particulier disposent d’une impressionnante résilience leur ayant permis de survivre depuis l’aube de l’humanité. Celles-ci disposent en effet de la possibilité d’utiliser un mécanisme d’hibernation unique en son genre au cours duquel elle se réfugie dans un cocon totalement préservé de tout ce qui peut se passer à l’extérieur. Elle attend alors patiemment que les conditions soient favorables pour sortir et se reproduire chez un hôte, comme l’homme….

Bactérie E. coli dans l’eau

Ainsi, il existe une théorie, dite “endosymbiotique”, laissant penser que nos mitochondries, nos petites usines énergétiques cellulaires, seraient en fait d’anciennes bactéries absorbées par nos propres cellules et exploitées par nos cellules, en symbiose donc. Tout un programme.

Mais les mammifères que nous sommes restons beaucoup moins résistants aux conditions extrêmes. Des canicules étouffantes, une période glaciaire faisant plonger la température moyenne de notre planète de -6 degrés, un manque d’oxygène dans l’atmosphère… et nous voilà passés de vie à trépas. Et bien sachez que c’est exactement la même chose pour notre alimentation.

Notre organisme n’est absolument pas fait pour supporter une alimentation “extrême” sur une longue durée pour la bonne et simple raison que nous sommes avant tout omnivores, un simple maillon de la chaîne du vivant et que notre survie dépend d’une forme d’homéostasie permanente pour subsister. Notre évolution repose sur la survie du plus résistant, du plus résilient et du plus adaptable. Cette adaptation s’est faite entre autre, au travers d’une alimentation carnée et végétale mais à prit énormément de temps. Et nos cellules fonctionnent de la même façon qu’il y a plusieurs milliers d’années.

Ainsi, sur de courtes périodes de carence alimentaire ou nutritionnelle (voir la différence entre les deux sur cet article), nous sommes capables, avec un peu d’entraînement, de puiser dans nos ressources, voire de métaboliser de nouvelles substances (comme les corps cétoniques par exemple) pour continuer à vivre. Mais sur de longues durées, notre corps tombe dans un état de stress métabolique intenable dont l’issue s’avère souvent fatale. La cause est un dysfonctionnement cellulaire progressif.

Notre corps à besoin de graisses, c’est un fait, qu’il trouvera en premier lieu dans l’alimentation, pour assurer son bon fonctionnement, la réparation des tissus et la production d’énergie. Et tout se passe dans nos cellules. Elles sont des éléments d’une technologie et d’une complexité fantastique et fascinante.

La membrane plasmique des cellules

Mais quel est le rapport avec le gras me direz-vous ?

Capables de se diviser, de se reproduirent, de se régénérer en permanence, de s’auto-détruire si besoin est mais aussi de dégénérer, nos cellules dépendent absolument de notre mode de vie pour fonctionner correctement. Elles disposent, entre autre, d’une membrane pour protéger toute cette technologie (noyau, chromosomes, mitochondries, appareil de Golgi, protéines, enzymes, Ribosomes….).

Cette membrane dite plasmique (ou cytoplasmique) est un élément clé du fonctionnement cellulaire, agissant comme une barrière laissant passer, ou non, un ensemble de nutriments et de molécules en son sein. Or, il se trouve que cette membrane est constituée notamment de lipides, de protéines et de glucides. Elle a donc besoin de ses 3 éléments pour assurer son rôle de barrière cellulaire.

Une partie de cette membrane (sa surface extérieure et intérieure nommés feuillets) est constituée de phospholipides en forme d’épingle dont les branches, hydrophobes (n’aimant pas l’eau), sont constituées d’acides gras insaturés ET saturés. Au milieu de ces petites branches viennent s’intercaler de petites molécules de… cholestérol.

Cette membrane est donc très hétérogène mais aussi mobile. Les acides gras insaturés, ayant un coude, sont flexibles et très souples, permettant ainsi à notre membrane cellulaire de glisser, de tourner, de s’ouvrir ou de se refermer pour laisser passer, à l’intérieur de nos cellules, les molécules et les nutriments mais aussi les bactéries et les anti-nutriments. Les brins constitués d’acides gras saturés, quant à eux, sont rigides et droits comme des i, rigidifiant certaines parties de la membrane. le cholestérol amplifie cette rigidité et peut, lorsqu’une membrane doit se refermer ou lors d’une réplication, permettre une action rapide et éviter que des molécules “indésirables” ne passent à l’intérieur.

La santé de nos cellules dépend donc de se fragile équilibre entre acides gras insaturés, saturés et cholestérol pour que tout les éléments traversant cette membrane (protéines, nutriments, minéraux…) soient contrôlés et utilisés efficacement dans un sens ou dans l’autre.

Membrane plasmique et alimentation

Du coup, que se passe-t-il lorsqu’une personne consomme une alimentation déséquilibrée sur la durée ?

Une personne végane, consommant sur une longue durée (10, 20 ans), principalement des acides gras insaturés (poly ou mono), 0 cholestérol et beaucoup de glucides, infligera à ses cellules autant de dommages qu’un pur carnivore, chargé en acides gras saturés et en cholestérol avec très peu d’acides gras insaturés et de micronutriments d’origine végétale. Pour autant, je nuance ce dernier point dans le sens où, la nature étant encore un fois très bien faite, les animaux possèdent une variété important d’acides gras dans leur graisse et de nutriments dans leurs organes, laissant à penser que l’organisme pourra y retrouver plus de ressources que dans un régime ne contenant aucun produits animaux.

En partant de ce principe, on comprend que ce genre d’alimentation agira soit comme un catalyseur (trop grande mobilité de la membrane plasmique), soit comme un inhibiteur (trop grande rigidité). Une trop grande mobilité de la membrane sera susceptible de laisser passer certaines molécules délétères (et des bactéries entre autre) pouvant à terme entrainer chez la personne des réactions auto-immunes, une insulino-résistance rapide ou des infections à répétition.

Chez les personnes ne consommant pas assez de graisses insaturées (les gros consommateurs de cochonailles et de fromages gras), il y aura inévitablement, à terme, un déficit en nutriments, entrainant également une situation pathogénique avec, en outre l’impossibilité pour la cellule d’activer une réponse immunitaire adaptée si une bactérie venait à passer dans la cellule ou de se réparer en cas de réplication incontrôlée.

Vous comprenez donc que notre alimentation se doit respecter plusieurs principes pour préserver notre santé cellulaire :

  • Consommer différents types de graisses au quotidien, en ne négligeant ni le cholestérol, ni les graisses saturées et en arrosant vos salades et votre avocat d’huile d’olive vierge extra
  • Consommer des légumes et des fruits de saison, locaux et peu sucrés, pour les micronutriments indispensables
  • Consommer des aliments bruts, ayant poussés dans une terre “propre” pour renforcer la variété microbienne de vos différentes flores et stimuler les réactions immunitaires
  • Jeûner de façon intermittente, pour forcer vos cellules à capitaliser sur les nutriments déjà disponibles dans le corps et à produire ceux venant à manquer de temps à autre, dans un objectif de résilience

En d’autres termes, mangez des animaux entiers (de la tête à la queue), des graisses, pas trop de glucides et beaucoup de végétaux. Vos cellules vous diront merci.