Nourrir son enfant pourrait paraître relativement simple à première vue. Il existe pléthore d’aliments disponibles pour les enfants que l’on considère, bien malgré nous, bons pour eux…

Lors des premiers mois voire des premières années de votre enfant, quand vous le pouvez, vous l’allaitez. C’est le meilleur moyen de le protéger et de lui permettre de bien grandir. Et si vous ne le pouvez pas, il existe de nombreux lait “maternisés” industriels sur le marché censés apporter les mêmes nutriments que le lait maternel. Ce qui n’est, disons-le très clairement, pas le cas mais qui possède l’avantage de lui permettre de bien grandir et de se nourrir lorsque l’allaitement fait défaut.

Mais à partir de 6 mois, il convient d’alimenter son enfant progressivement en lui apportant un certain nombre de nutriments. Le simple fait que son système immunitaire soit en plein développement, qu’il prenne 6 cm chaque année à partir de ses 4 ans, que son microbiote soit en pleine colonisation et que ses connexion synaptiques tournent à plein régime suffit à vous convaincre de lui apporter tout ce dont il a besoin dans une alimentation totalement nouvelle pour lui.

L’alimentation des enfants à cela de magique qu’en tant que parent, nous avons aujourd’hui, le choix de leur apporter la santé ou au contraire de risquer d’activer certaines maladies ou certains gènes. MAIS ce n’est pas toujours facile, reconnaissons-le.

La position que je défend et que je propose est la position intermédiaire c’est à dire que vous devez nourrir votre enfant du mieux possible, en fonction de votre budget, de vos convictions et de votre lieu de vie, mais vous ne devez pas paniquer lorsque ceux-ci mangent occasionnellement un paquet de bonbons, des Nuggets ou une tartine de Nutella lors d’une fête ou d’un goûter avec des amis… Après tout, vous savez que ce n’est pas bons pour eux et vous ne leur en donnerez pas régulièrement. Vos parents eux étaient peut être moins vigilants que vous ne l’êtes aujourd’hui pour vos enfants, sinon, vous ne seriez pas en train de lire cet article 🙂

Donc, je le répète, en dehors de certaines allergies ou maladies spécifiques, soyez flexibles avec l’alimentation de votre enfant. Votre vie sera moins stressante et vous ne transmettrez pas une sur-vigilance alimentaire à votre enfant. Dites-lui ce qui est bon pour lui et dites lui qu’un peu de mauvais, de temps à autre, ne sera pas bien grave. Mais pour vous rassurer, je vous propose de tester sur 1 semaine quels nutriments vous apportez à votre enfant en utilisant l’application MyFitnessPal

Quels sont ces nutriments ?

Le Calcium

Le squelette de votre enfant à besoin de calcium (et de collagène également nous le verrons) pour s’étendre, générer de nouvelles cellules osseuses et se renforcer… Mais attention, trop de sel, de céréales et de protéines animales favorisent la perte de calcium, raison pour laquelle, il ne faut pas hésiter à insister sur les légumes verts pour dynamiser les apports en calcium. Attention, le calcium perturbe l’absorption du fer et donc séparez un repas riche en calcium (fromages et épinards) d’un repas riche en fer (viande et céréales complètes)

Dose journalière recommandée : De 450 à 550 mg / jour (de 4 à 8 ans) et 800 mg / jour (de 9 à 13 ans)

Où en trouve-t-on ? Dans les sardines (entières hein, pas les filets que vous pouvez mixer avec du chèvre frais et mettre dans des feuilles de brique), les fromages à pâte dure, le lait cru, les yaourts entiers (lait cru entier non pasteurisé, si possible de chèvre) , le kéfir de lait et les légumes verts à feuilles qui sont bourrés de calcium.

L’iode

Sa carence est à l’origine de carences et de désordres cognitifs importants. Presque qu’1/3 des enfants n’ont pas les apports en Iode suffisants. Or, les enfants en pleine croissance ont besoin d’iode pour produire l’hormone Thyroïdienne, un régulateur important des facteurs de croissance qui détermine le niveau de développement physique et mental de votre enfant. De nombreuses études prouvent qu’un déficit important en Iode abaisse le QI.

Dose journalière recommandée : 90 ug / jour (de 4 à 8 ans) et 120 à 150 ug / jour (de 9 à 13 ans)

Où en trouve-t-on ? Malehreusement pour eux, ce ne sont pas les aliments qu’ils préfèrent mais bien préparer dans un gratin ou une purée, cela peut passer : Les algues (le Kombu et le Kelp en contiennent le plus, les feuilles de Nori des sushis un peu moins), le foie de morue et son huile (je vous assure qu’on s’y habitue ! ), le saumon, les épinards, le chou, le cresson….

Le fer

Le fer est un autre composant essentiel du développement de l’enfant contribuant à sa croissance, à la formation et au renouvellement de l’hémoglobine (transportant l’oxygène) ainsi qu’au développement neurologique et cognitif. Plusieurs études ont d’ailleurs montré qu’un déficit en fer (anémie) pouvait entrainer des difficultés scolaires et un QI plus bas. Gardez en tête pour autant que les enfants de 4 à 8 ans ont des besoins en fer moins importants que ceux des bébés, nourrissons et adolescents car grandissent légèrement moins vite à cette période de leur vie. Pour autant, un enfant à des besoins en fer 8 à 10 fois plus importants qu’un adulte masculin (kg de poids corporel)

Dose journalière recommandée : 7mg / jour (de 4 à 8 ans) et de 8mg / jour (de 9 à 13 ans), jusqu’à 14 mg / jour pour les petites filles à partir de 13 ans en amont de leurs règles survenant quelques temps après.

Où en trouve-t-on ? La viande rouge et les abats (gâteau de foie, boudin aux pommes…) en particulier contiennent de grandes quantité de fer. Notez que le fer héminique des produits animaux est beaucoup plus bio-disponible (et donc métabolisé) que le fer non-héminique des végétaux (Les céréales complètes, le Céleri, le thym et persil déshydratés, la ciboulette). Il est important de consommer une source de vitamine C (orange, pamplemousse, kiwi…) en parallèle d’un légume riche en fer pour faciliter son absorption.

La suite au prochain article…

Sources

[5] Abrams SA, Stuff JE. Calcium metabolism in girls: current dietary intakes lead to low rates of calcium absorption and retention during puberty. Am J Clin Nutr 1994;60:739-43.